L'histoire des arts au collège de Marseillan

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Le Cubisme


C’est un mouvement né avec l’œuvre de Pablo Picasso (1881-1973), Les Demoiselles d’Avignon (New York, MOMA) en 1907.
voir : Les Demoiselles d’Avignon (1907) de Pablo Picasso
(huile sur toile, 244 x 234 cm)


Influencé par les peintures de Paul Cézanne (1839-1906) et l’art africain, le Cubisme va géométriser et cerner les formes d’un sujet observé de plusieurs points de vue en même temps.

En 1911, Georges Braque (1882-1963) va introduire dans ses toiles des lettres peintes au pochoir.
(pochoir = technique qui consiste à déposer de la peinture à l’intérieur d’une forme prédécoupée dans un feuille de carton ou de métal. L’image ainsi obtenue peut être reproduite à un grand nombre d’exemplaires)

En 1912, ce sont les premiers papiers collés qui apparaissent dans les œuvres des deux artistes (Georges Braque et Pablo Picasso) et six mois plus tard, Pablo Picasso réalise un premier collage en insérant, dans une de ces œuvres, un morceau de toile cirée figurant un cannage (Nature morte à la chaise cannée, 1912, Musée Picasso, Paris).
voir : Nature morte à la chaise cannée (1912) de Pablo Picasso


L’œuvre de Pablo Picasso traverse plusieurs périodes, le Cubisme est l’une d’elles.

On retiendra également de lui toutes sortes de sculptures inventives, nées d’assemblages judicieux (La Chèvre, 1950).
voir : La Chèvre (1950) de Pablo Picasso


En marge du mouvement, le sculpteur Alexander Archipenko (1887-1964) oppose les droites et les courbes, les vides et les pleins, les surfaces concaves et convexes. Il obtient ainsi des sculptures jouant sur les rythmes formels et les volumes.




Un artiste du Cubisme : Paul Cézanne

Installé dans le midi de la France, Paul Cézanne mène des recherches qui vont bouleverser l’art. Il est en quête d’une nouvelle voie. Comment représenter l’essentiel des choses, des personnages, des paysages ? Cézanne cherche en s’exerçant à peindre quelques pommes sur une table. Il ne veut pas donner l’illusion de la réalité. Peu lui importe que les objets lui apparaissent mal dessinés ou déformés. Il veut une composition puissante et des couleurs éclatantes. Avec ses modestes pommes, Cézanne était loin de s’imaginer qu’il serait considéré un jour comme « le père de l’art moderne ».

voir : Nature morte aux pommes et poires de Paul Cézanne, vers 1891-1892
(The Metropolitan Museum of Art, New York)





Un artiste du Cubisme : Pablo Picasso


Un jeune artiste espagnol, Pablo Picasso, est très impressionné par l’œuvre de Paul Cézanne et de Henri Matisse.
A 19 ans, il vient s’installer à Paris. Il touche à tous les styles de peinture avec brio, mais il veut aller plus loin.
Il veut « faire pire » comme il dit.
Il repense aux conseils de Paul Cézanne d’envisager la nature en termes de volumes géométriques solides : cubes, cônes, cylindres, sphères…
C’est une peinture à l’opposé des travaux des Impressionnistes, où les formes sont noyées dans des papillonnements de touches colorées.

C’est ainsi que, avec le peintre Georges Braque, Pablo Picasso invente le Cubisme en 1907.
Il ne s’agit plus de représenter les choses et les personnages comme les yeux les voient, mais d’imaginer sur une même image la manière dont on pourrait montrer un objet… si l’on avait la possibilité de l’observer de plusieurs endroits à la fois.
Ces artistes commencent par choisir des choses simples, aux formes facilement reconnaissables: une bouteille, une pipe, une table, un violon.

Avec les Cubistes, les objets sont brisés en plusieurs morceaux et, pourtant, dans leur déconstruction savante, nous les reconnaissons.
Puis ces peintres s’attaquent à la figure humaine.
A première vue, les personnages sont devenus des monstres, comme si on les voyait à la fois de face et de profil.
Ils apparaissent démantibulés. On a jamais vu ça !

voir : Les Demoiselles d’Avignon (1907) de Pablo Picasso


Le public est stupéfait, les critiques sont scandalisés, le poète Guillaume Apollinaire, lui, est emballé !



Picasso et Les Demoiselles d’Avignon

A Paris, au début du XXe siècle, les expériences picturales foisonnent.
La photographie et la découverte de l’art africain et de l’art ibérique (art d’Espagne et du Portugal du VIe siècle avant J.-C.) font porter un nouveau regard sur la façon de représenter la réalité.

Riche de toutes ces expériences, le peintre espagnol Pablo Picasso multiplie ses recherches.
En 1906-1907, des centaines d’esquisses aboutissent à son tableau Les Demoiselles d’Avignon qui représente des prostituées de la rue d’Avignon à Barcelone.
La réalité n’est plus représentée fidèlement, elle est reconstruite et interprétée par la réflexion du peintre.

C’est le début du Cubisme et de l’art abstrait qui marquent une rupture définitive dans l’idée même que l’on se faisait de la peinture.



Les Demoiselles d’Avignon (1907) de Pablo Picasso



Le tableau Les Demoiselles d’Avignon est une œuvre fondamentale du siècle dernier.
Cette toile est considérée comme le tableau comme les débuts de l’art moderne et l’œuvre qui donna naissance au Cubisme. Pablo Picasso cache cette œuvre réalisée en 1907 pendant plusieurs années avant de la montrer au Bateau-Lavoir, célèbre immeuble parisien qui abritait des artistes avant-garde. Tous furent choqués par la brutalité de ce tableau et par la représentation révolutionnaire du corps avec ses plans anguleux et ses volumes disjoints (séparés).
Elle représente des personnages féminins aux corps géométrisés. Les visages sont simplifiés, traités comme des masques africains que découvre et qu‘affectionne Picasso à cette époque.

Le contexte a subi le même traitement que les « corps » des personnages, au point qu’en l’absence de couleurs (à l’aide de la photocopie par exemple), fond et formes pourraient se confondre totalement



Nu Bleu II (1952) de Henri Matisse
Papiers gouachés découpés et collés sur papier blanc marouflé sur toile
116,2 x 88,9 cm



Nu Bleu II reprend une pose, bras croisé derrière la nuque, jambe repliée devant le buste, souvent traitée par Matisse tant en peinture (Nu assis, Olga, 1910), qu'en sculpture (Nu couché, 1907, Vénus à la coquille, 1930-51).

De cette œuvre bidimensionnelle émane une impression de ronde-bosse (ouvrage sculpté en relief).
Héritant de Cézanne, Matisse considère le bleu comme la couleur du volume et de la distance. Les vides qui marquent les articulations du corps, tout en unifiant par la ligne les parties fragmentées, procurent à l'ensemble un effet de relief. Enfin, la simplification des formes rappelle la stylisation du corps dans la sculpture africaine, que Matisse collectionne dès le début de sa carrière.
Le corps semble prendre forme au cœur d'un espace sans limite, ce qui lui confère un caractère monumental.

La série des Nus Bleus témoigne de l'aboutissement d'une réflexion et d'une recherche sur la figure dans l'espace qui ont occupé Matisse tout au long de sa vie.

Madame Thuillier (arts plastiques)