L’Expressionnisme
C’est un mouvement européen de la fin du XIXe siècle qui privilégie l’expression d’une émotion ou d’une angoisse.
Les compositions sont simplifiées, les couleurs très vives, la trace du geste du peintre très présente.
(composition = Il s’agit de la position des différents éléments qui sont représentés dans une œuvre)
(geste =
Tout concourt à provoquer chez l’observateur un certain malaise, parfois renforcé par des sujets inquiétants, comme Le Cri (1893, Oslo, Nasjonal-gallery), toile du peintre norvégien Edvard Munch (1863-1944).
voir : Le Cri (1893) de Edvard Munch
Ce mouvement pessimiste se préoccupe sans grand espoir de la condition humaine.
Vers 1905 se forme en Allemagne le groupe Expressionniste Die Brücke (« Le pont ») avec Ernest Ludvig Kirchner (1880-1938) et Emil Nolde (1867-1956).
Ils dénoncent la corruption, peignent la nature.
En 1911 se forme le Blaue Reiter (« Le cavalier bleu »), avec Wassily Kandinsky (1866-1944) et August Macke (1887-1914).
La couleur fortement contrastée et la représentation sommaire dans le traitement des sujets les rapprochent de l’Abstraction.
(représentation = on désigne ainsi la manière de faire apparaître certaines choses qui existent dans la réalité ou appartiennent au domaine de l’imaginaire, de les reproduire, de faire figurer, de donner à voir par le dessin, la peinture, la sculpture. Cette représentation peut être bidimensionnelle, c’est le cas par exemple de la peinture. Elle peut être aussi tridimensionnelle comme la sculpture)
(sujet : il s’agit de ce qui est représenté dans une œuvre)
Le spectacle de la rue est désolant, partout des soldats infirmes, des mendiants estropiés et même des gamins qui proposent quelques allumettes à vendre pour survivre.
Après la défaite de l’Allemagne en 1918, une terrible crise économique ravage le pays. Les gens sont au chômage.
voir : Jour gris (1920) de George Grosz
Le petit monsieur à la tête d’œuf et au col empesé, dépeint par l’artiste allemand George Grosz, nous regarde, sans rien voir de ce qui l’entoure. Son indifférence forme un contraste saisissant avec le visage dur, plein de reproches, du peintre Otto Dix.
voir : Autoportrait (1926) de Otto Dix
Lui ne laisse rien passer de la misère du monde. Mieux, il force le trait.
Cette manière de présenter le monde et les êtres humains comme des pantins désarticulés, ces couleurs violentes forment un courant nommé « Expressionnisme ».
Ici, tout est grinçant et laid. La beauté n’est plus d’actualité. Les temps sont trop durs.
voir : Autoportrait (1926) de Otto Dix
Dans son Autoportrait, Otto Dix s’est représenté avec un regard noir, inquiétant, peut-être fixé sur l’avenir plus qu’incertain qui attend l’Allemagne.
En 1933, les Nazis arrivent au pouvoir. Ils décrètent que l’art moderne est un « art dégénéré ».
Adolf Hitler assiste même à une exposition sur ce thème, lui, le petit aquarelliste raté.
Il cible tous les artistes de l’avant-garde, Pablo Picasso, Wassily Kandinsky, Paul Klee, mais aussi des Expressionnistes comme George Grosz et Otto Dix, qu’il traite de « fous » et de « criminels ».