Titre de l'étude : Dire l'horreur de la 1ère Guerre Mondiale : « Un Soldat », par F. Pagny.

L'œuvre
Titre :
Un soldat
Nature, domaine artistique :
Chanson : arts du son, arts du langage.
Sujet : lettre d'un poilu à sa fiancée.
Paroles : Marie Bastide
Musique : Calogero
Interprète : Florent Pagny
Album :
Le titre figure sur l'album de Pagny Vieillir avec toi, 2013. Entièrement composé par Calogero, le disque est certifié disque de diamant en Juillet 2014 (=500 000 ventes).
Le contexte
> L'album de Pagny dont est extrait le titre a été produit en 2013, soit quelques mois avant les commémorations du centenaire de la 1ère Guerre Mondiale.
> Pagny a été plutôt surpris en découvrant la chanson, que Calogero trouvait « typiquement pour lui ». Mais elle lui a plu, à lui qui a été réformé pour le service militaire car considéré comme psychologiquement instable.
L'interprète
Son nom, ses dates : Florent PAGNY, chanteur français , né en 1961 d'une mère cantatrice amateur et d'un père ouvrier.
Quelques éléments de biographie :
Après quelques essais en tant que comédien, Pagny connaît son premier succès populaire de chanteur et compositeur en 1987, avec le titre « N'importe quoi ». Dix ans plus tard, il décide de ne plus composer mais seulement d'interpréter les chansons écrites par d'autres (Obispo, Calogero...).
La thématique
Dans quelle(s) thématique(s) l'étude s'inscrit-elle ?


Dans quel contexte avez-vous mené cette étude?
Étude de lettres de poilus en français et en histoire.
Décrire et interpréter l'œuvre
Chanson comportant 4 couplets ; les 3 derniers vers de chaque, qui se répètent en se modifiant légèrement, font office de refrain, auquel s'ajoutent les « lalala » et le rythme à 3 temps d'une valse évoquant, peut-être, un bal populaire.
Le texte se présente comme une lettre écrite à la femme aimée (formule d'appel « Ma très chère A. ») par un soldat de la 1ère GM (« tranchées »). Les temps utilisés sont le présent (valeur d'énonciation) et le futur car le soldat s'accroche à des projets (« je serai bientôt là... »). Anaphore « A l'heure où » répété 3fois => il s'agit d'une heure particulière, la dernière. Une urgence à écrire (« sans tarder »), le soldat est fébrile (« le froid pique ET me glace ET j'ai peur de tomber »). Trois fois, le soldat commence par évoquer l'horreur de ce qu'il voit (« de la boue...des rats...), son incompréhension de la guerre (« ces autres que l'on tue sont les mêmes que moi »), sa solitude (« si loin de la maison »), sa jeunesse insouciante sacrifiée (« la fleur au canon »), puis rappelle qu'il est un SOLDAT (= c'est donc son travail et sa fierté d'être sur le champ de bataille). Les « lalala » prononcés ici sont comme une tentative de se motiver par un chant joyeux et rythmé. Petit à petit, cependant, la valse s'emballe et traduit la confusion du soldat agonisant (« tout tourne autour de moi »). Il ne lui reste plus que la prière (« Mon dieu »). dernière strophe : adieu à Augustine (« une dernière fois »), expression du regret d'un homme jeune qui n'avait pas encore vécu beaucoup de choses (« je crois pouvoir le dire nous nous sommes aimés », « nos enfants rêvés »). La prise de conscience de la mort est violente (« NON, je ne reviendrai pas ») et la qualité de soldat ne permet plus d'espérer, elle est réduite par l'emploi de la négation (« je N'étais QU'un soldat »). Il n'a été qu'un soldat parmi d'autres (voir titre), un pion dans la boucherie de la 1ère GM. Dernière paroles : amour pour Augustine, jeune femme qui devra continuer à vivre malgré ce traumatisme vécu dans son jeune âge.
Prolongements possibles : trouver une autre chanson évoquant la même guerre; étudier une vraie lettre de poilu; Exploiter un film évoquant la correspondance des poilus pendant la 1ère GM...Relire le passage relatant la mort de Gavroche dans Les Misérables (V.Hugo) ou/et le poème "Le Dormeur du Val" de Rimbaud (= textes portant sur d'autres conflits historiques).



