- L'extrait étudié pour l'HDA
Le Vieil Homme et la Mer, E. Hemingway, 1952.
Extrait P.55-57 dans l'édition Folio + classiques 2011, trad. Jean Dutourd.
« Lentement, régulièrement la ligne montait ; soudain l'océan se souleva en avant de la barque et le poisson apparut. Il n'en finissait pas de sortir ; l'eau ruisselait le long de ses flancs ; il étincelait dans la lumière ; sa tête et son dos étaient violet foncé ; le soleil éclairait en plein ses larges rayures lilas. Il avait un nez très long, aussi long qu'une batte de base-ball, et pointu comme une épée. Le poisson émergea tout entier, puis, avec l'aisance d'un bon nageur, replongea. Le vieux eut le temps d'apercevoir la grande queue en forme de faux qui s'enfonçait, tandis que la ligne recommençait à galoper.
- Il a deux pieds de plus que la barque, dit le vieux. La ligne filait à toute vitesse mais sans heurt ; le poisson ne s'affolait pas. Avec ses deux mains, le vieux s'efforçait de maintenir le fil juste à la limite du point de rupture. Il fallait tenir le poisson serré pour le contraindre à ralentir. A la moindre défaillance il risquait d'emporter toute la ligne et de la casser.
« C'est un gros ! C'est un tout gros, pensait-il. Faut que je l'aie à la persuasion. Faut surtout pas qu'il ait idée de sa force ni de ce qu'il pourrait faire en se mettant à cavaler. Moi , si j'étais que de lui, j'en foutrais un grand coup tout de suite et je tirerais jusqu'à tant que ça pète. Dieu merci, c'es bêtes-là, c'est pas aussi intelligent que les humains qui les tuent. Ça les empêche pas d'être meilleures que les humains, et plus malignes, dans un sens.[...]Je voudrais que ça soit moi le poisson, pensa-t-il. C'est lui qu'a tous les avantages. Moi, j'ai que ma volonté et ma cervelle. »
- Fiche HDA Le Vieil Homme et la Mer
Titre de l'étude : Le monstre marin dans les arts
ATTENTION: Étude à replacer dans l'évolution de la représentation des monstres marins
(= diaporama vu en classe, travail effectué en français et en musique autour du Kraken etc.)
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L'œuvre
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Titre :
Le Vieil Homme et la Mer
Nature, domaine artistique :
Arts du langage
Sujet : le récit du combat héroïque entre un vieillard et l'espadon gigantesque qu'il parvient à pêcher, seul.
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Taille :
xxx
Date : 1952
Lieu de conservation :
xxx
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Le contexte
> Hemingway attache autant d'importance à son métier de journaliste qu'au travail d'écrivain : les articles qu'il écrit servent souvent de base au roman. Ainsi, l'histoire du Vieil Homme et la Mer est déjà présente dans un article sur la pêche paru dans la revue Esquire en 1936. Seule la fin de l'aventure diffère, puisque selon l'article , le vieillard et retrouvé fou et en larmes sur son embarcation .
>Solide sens de l'observation.
>Volonté d'écrire simple et vrai ; idée qu'il est » inutile d'écrire quoi que ce soit qui ait été écrit avant à moins de pouvoir le surpasser ».
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L'auteur
Son nom, ses dates : Ernest HEMINGWAY, journaliste et écrivain américain [1899-1961]
Quelques éléments de biographie :
Goût pour le sport et la nature dès sa jeunesse. A vécu dans de nombreux pays. Une expérience traumatisante de la guerre (blessure lors de la 1ère guerre mondiale, participation à la 2e), qui nourrira ses écrits.
Style : simple, épuré, basé sur des expériences personnelles fortes.
Prix Pulitzer (1953) et Nobel de Littérature (1954).
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La thématique
Dans quelle(s) thématique(s) l'étude s'inscrit-elle ?

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Dans quel contexte avez-vous mené cette étude?
Travail sur le monstre marin dans différents arts ( littérature, cinéma et musique, peinture) et à différentes époques.
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Décrire et interpréter l'œuvre
Extrait P.55-57 Folio + (« Lentement, régulièrement la ligne montait... » à « C'est lui qu'a tous les avantages. Moi, j'ai que ma volonté et ma cervelle. »)
Première apparition de l'espadon hors de l'eau, très attendue par Santiago. Description du poisson (à l'imparfait), puis paroles et pensées du pêcheur.
Description : poisson caractérisé par son gigantisme et sa brillance (champ lexical de la lumière) ; beauté mêlée de force pouvant entraîner la mort (images de l'épée et de la faux). Cependant, pas d'affolement ni chez le vieillard ni chez le poisson : une sorte d'harmonie naturelle, de compréhension entre les deux personnages.
Paroles de Santiago : importance des mots prononcés par le pêcheur plutôt « taiseux » de nature. Il est dans son élément, se sent compétent et libéré une fois en mer. Réflexion sur les moyens techniques d'en finir avec le poisson.
Pensées de Santiago : comparaison des mérites de l'homme et du poisson, question de l'intelligence, de la beauté, du courage etc. Étonnamment, le pêcheur place sa proie au même niveau que lui, parfois même plus haut que lui.
Santiago « voudrait être » le poisson qu'il admire => Respect homme / animal, dimension métaphysique de la pêche, vécue comme une rencontre avec soi-même, avec le monde, avec l'autre.
=> Réflexion très profonde portée par un vocabulaire simple, répétitif (« faut que » etc...), utilisé par un personnage tout à fait modeste, pauvre : désir de Hemingway de ne dire que l'essentiel, sans fioritures. Se confronter à la réalité de la nature.Le monstre marin est ici une manifestation des forces de la nature qui poussent l'homme à trouver sa juste place dans le monde (rapport aux autres etc). Rappel de la petitesse de l'homme et des capacités qu'il possède malgré tout. Nécessité de respect mutuel entre les différents composants du monde (homme, animal, nature, éléments...).
Originalité : le « monstre » doit être tué, mais on ne retrouve pas l'idée qu'il est horrible et qu'il faut l'exterminer à tout prix présente dans d'autres textes ou représentations.
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