L'histoire des arts au collège de Marseillan

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L’art Abstrait


C’est un courant majeur qui apparaît au début du XXe siècle.
Les artistes de ce courant ne cherchent plus à représenter ou copier une réalité.

A force de simplifier ou de refuser l’image figurative, ils en arrivent à ne plus travailler qu’avec des formes géométriques simples.

La force de leurs œuvres réside dans les couleurs autant que dans les compositions.
(compositions = Il s’agit de la position des différents éléments qui sont représentés dans une œuvre).


Wassily Kandinsky (1866-1944) est l’un des premiers artistes de ce courant (Tache rouge, 1914, Paris, MNAM).


voir : Tache rouge, 1914, de Wassily Kandinsky



Dans les années trente, l’art abstrait est un courant international.


Au fil des siècles, les artistes ont tenté de représenter le monde ;
par leurs techniques et leurs talents, ils n’en offraient en réalité qu’un reflet, mais un reflet merveilleux, donnant l’illusion du mouvement, de la profondeur, de la perspective, de l’anatomie des corps, maîtrisant le modelé et le jeu des ombres.
Ils ont réussi à représenter des choses encore plus impalpables : les sentiments humains, les atmosphères, le brouillard et les nuages puis, comme un bâton plongé dans l’eau vient troubler sa surface, les objets montrés ont commencé à perdre de leur netteté ou à se déformer, à s’aplatir, à prendre des couleurs qui n’étaient pas les leurs.
Les anciens savoir-faire ont été abandonnés.

La manière de poser la peinture sur la toile, les gestes mêmes des artistes ont changé.
Les lieux où ils travaillent aussi.

Puis ils ont laissé tomber tout ce qu’ils avaient l’habitude de peindre jusqu’alors : un compotier, des harengs sur une assiette, une femme nue sur son divan, un paysan dans son champ.



Les couleurs ont alors envahi les toiles et de mille façons : en motifs tout à fait géométriques et qui font presque penser à de la musique avec Piet Mondrian (1872-1944), en éclaboussures frénétiques avec Jackson Pollock (1912-1956), en vibrations métaphysiques avec Mark Rothko (1903-1970), en monochromes hypnotiques avec Yves Klein (1928-1962), en noir anthracite avec Pierre Soulages (1919-…

Leurs œuvres s’impriment sur nos rétines comme l’encre sur le papier.


voir : Composition avec rouge, noir, bleu et jaune de Piet Mondrian
Cette peinture affirme, par la réduction même de ses moyens, l’importance de chaque élément du tableau : format, couleurs, lignes.

voir : Peinture (Argent sur noir, blanc, jaune et rouge) (1948) de Jackson pollock



voir : N°37/N°19 (Ardoise bleue et marron sur prune) (1958) de Mark Rothko





L’art abstrait : la conquête d’un nouvel espace :

Entre 1910 et 1915, dans plusieurs pays d’Europe, un certain nombre d’artistes reconsidèrent les rapports entre le monde visible de l’art. Ils ont pour noms Wassily Kandinsky (1866-1944), Frantisek Kupka (1871-1957), Piet Mondrian (1872-1944) ou Kasimir Malevitch (1878-1935).
Ils vont se détourner de la représentation du réel (de ses codes établis à la Renaissance), se dégager des associations visuelles antérieures pour créer des correspondances nouvelles :

« Le carré noir est un enfant royal plein de vie. » (Kasimir Malevitch)

Ce nouveau courant pictural est appelé l’abstraction. Cette conquête de l’abstraction est le fait d’artistes dans leur maturité, dont les racines sont ancrées dans le XIXe siècle. Ils puisent leur inspiration à de multiples sources, comme l’Impressionnisme, le Symbolisme ou un peu plus tard le Cubisme.
Mais ils ont aussi d’autres modèles : la poésie, ou encore la musique. La couleur est ainsi comparée au son et à ses vibrations.

La réflexion philosophique, ainsi qu’un véritable intérêt pour les sciences, entrent aussi dans la constitution de l’art abstrait, dont les différents acteurs ne se laissent pas aisément regrouper, ni par leur style ni par leurs objectifs.
Ils viennent d’horizons culturels et visuels très différents, de pays comme la Hollande ou la Russie bouleversée par la révolution de 1917. Cependant, tous ces artistes ont un point commun : ils visent à dire, au moyen du tableau ou de la sculpture, quelque chose de nouveau sur le monde, voire sur l’univers : son énergie, sa spiritualité, sa dimension invisible. Ils transmettent leur expérience et leur vision en enseignant dans de nouveaux types d’écoles ouvertes sur la société : Bauhaus en Allemagne, Vkhoutémas en Russie.

Ces artistes sont aussi des théoriciens qui ont laissé de nombreux écrits, inséparables de leurs œuvres. Celles-ci constituent l’un des apports majeurs de l’art du XXe siècle.




Madame Thuillier (arts plastiques)