L'histoire des arts au collège de Marseillan

L'histoire des arts au collège de Marseillan

Identifiez-vous
Pseudo :
Mot de Passe :
S'inscrire
mot de passe oublié ?
La Partie de cartes, Léger.

Titre de l'étude : L’art et la guerre –après la première guerre mondiale.

 

 

L'œuvre

Titre : La partie de cartes

 

Nature, domaine artistique :

huile sur toile

 

Sujet : trois soldats jouent aux cartes autour d’une table…

Taille : 123 x 193 cm

 

Date : 1917

 

Lieu de conservation :

musée Kröller-Müller

Otterlo

Pays-Bas

Le contexte

à l’origine dessin réalisé au crayon sur un papier d’emballage en 1916 à Verdun.

cubisme de Picasso et de Braque influencé par Cézanne, on parle même de tubisme ici.

anticipation du futurisme italien

 

Fernand Léger a réalisé beaucoup de croquis pendant la guerre de 14-18. D’après lui le conflit moderne a appris à trouver en peinture une expression en parfaite adéquation avec la guerre.

 

« Il y a dans ce Verdun des sujets tout à fait inattendus et bien faits pour réjouir mon âme cubiste. Par exemple, tu découvres un arbre avec une chaise perchée dessus. Les gens sensés te traiteront de fou si tu leur présentes un tableau composé de cette façon. Pourtant il n’y a qu’à copier. Verdun autorise toutes les fantaisies picturales. »

 

« Il n’y a pas plus cubiste qu’une guerre comme celle-là qui te divise plus ou moins proprement un bonhomme en plusieurs morceaux et qui l’envoie aux quatre points cardinaux. »

L'auteur
Son nom, ses dates : Fernand Léger 1881 Argentan – 1955 Gif sur Yvette

 

Quelques éléments de biographie :

peintre, décorateur, céramiste, dessinateur et illustrateur, a aussi fait des cartons de tapisseries et des vitraux ; son origine sociale (père éleveur normand) et son franc-parler lui ont valu le surnom de « paysan de l’avant-garde ».

 

La thématique 

Dans quelle(s) thématique(s) l'étude s'inscrit-elle ?

 

Dans quel contexte avez-vous mené cette étude?

lors du premier groupement de textes sur l’art et la guerre – comment la guerre de 14-18 a modifié la perception du monde.

Décrire et interpréter l'œuvre

tableau à l’atmosphère froide où la représentation n’est pas réaliste : le peintre utilise des formes géométriques (cylindres, rectangles, cônes, tiges, pyramides / formes éclatées, fragmentées, simplifiées) ; l’Homme ne ressemble plus à un Homme, ses bras et ses mains sont devenus des pièces mécaniques ou des obus.

Certains éléments restent reconnaissables : pipes, médailles, cartes mais ces éléments sont des accessoires seuls, des objets . Les insignes du grade et les décorations définissent plus un statut, une fonction qu’une personne.

Le soldat, dénué de physionomie et de regard, est déshumanisé car il devient une simple mécanique, un homme-machine d’acier ou de fer dénué de sentiments ou d’humanité. Il devient une machine à tuer qui agit sans réfléchir (voir Blaise Cendrars).

Au niveau de la couleur, le contraste entre les tons chauds et les tons froids traité en dégradé crée un effet de camouflage. La lumière vient de la partie supérieure de l’avant-plan. Ce tableau cubiste propose une vision éclatée de l’espace où se juxtaposent différents points de vue d’un même motif (bras et mains répétés sous plusieurs angles et plans mêlés).

La dimension inhumaine de la guerre est montrée par l’éclatement des formes ; sa dimension humaine par l’activité des joueurs de cartes, il faut bien s’occuper pour survivre, pour ne pas devenir fou. L’espace de jeu est étroit, fermé à l’arrière-plan par des lignes verticales et brisées au centre. La guerre est un jeu de cartes où il faut abattre ses atouts, où le jeu peut être truqué…

La plus vaste et la plus achevée des peintures de guerre de Léger, elle ne présente rien de tragique ni de guerrier. Cette nouvelle esthétique est apte à exprimer cette réalité inédite de la guerre de 14. L’art n’est plus figuratif et traduit le vécu singulier et extrême à l’aide de métaphores plastiques.

Prolongements : Aller se renseigner sur d’autres « joueurs de cartes »Cézanne, Otto Dix… / recherches sur le cubisme



Les Joueurs de skat d'Otto Dix

Titre de l'étude : L’art et la guerre –après la première guerre mondiale.

 

 

L'œuvre

Titre : La partie de cartes ou Les Joueurs de skat (Die Skatspieler)

 

Nature, domaine artistique :

huile et collages sur toile

 

Sujet : trois soldats jouent aux cartes autour d’une table…

Taille : 117 x 87 cm

 

Date : 1920

 

Lieu de conservation :

Neue Nationalgalerie de Berlin

Le contexte

Le courant artistique : l’expressionnisme

L’artiste expressionniste livre sa vision de la réalité. Il laisse libre cours à son inspiration et exprime ses sentiments. Son travail interpelle, interroge ou choque. Ce mouvement est né en Allemagne au début du XXème siècle. C’est une peinture agressive qui n’hésite pas à critiquer la société.

Contexte social et historique:

Ce tableau relate aux populations civiles les horreurs commises pendant la première

guerre mondiale. Otto Dix est un peintre traumatisé par la guerre de 1914 et l'effondrement moral de l'Allemagne qui s'en suivit. A noter 8 millions de morts, 16 millions de blessés et des destructions matérielles très importantes.Dans une Europe livrée aux dictatures les artistes ont de moins en moins la possibilité de rencontres et d'échanges, ils peignent un univers qui est leur présent, leur réalité. Et cela éclaire la peinture d'une lumière très sombre. C'est un monde qui se prépare à une nouvelle tragédie, la guerre d'Espagne et qui en prépare une autre : la guerre de 1939-1945.

 

L'auteur

-1891 : Naissance d’Otto Dix à Dresde (Allemagne).

-1914 : Otto Dix, après avoir achevé ses études à l’école des Arts décoratifs de Dresde, s’engage volontairement dans l’artillerie.

-1920 : Alors que le mouvement expressionniste est à bout de souffle en Allemagne, Dix adhère au mouvement dadaïste. Dans les années 1920, avec George Grosz et Max Beckmann, il fonde la « Nouvelle Objectivité» (Neue Sachlichkeit).

-1933 : Avec l’arrivée au pouvoir d’Hitler en Allemagne, les oeuvres d’Otto Dix sont qualifiées d’« art dégénéré ». L’artiste ne peut plus exposer. En 1937, ses oeuvres sont retirées des musées allemands.

-1969 : Mort d’Otto Dix.

La thématique 

 

Dans quelle(s) thématique(s) l'étude s'inscrit-elle ?

 

Dans quel contexte avez-vous mené cette étude?

lors du premier groupement de textes sur l’art et la guerre – comment la guerre de 14-18 a modifié la perception du monde.

 

Décrire et interpréter l'œuvre

Au second plan on trouve sur la droite un porte manteau, au dessus des trois hommes sont affichés des articles de journaux allemands qui font référence au conflit franco-allemand pendant la première guerre mondiale et en haut à gauche du tableau un lampadaire (où l'on distingue une tête de mort) éclaire la scène. La pièce est sombre et par contraste révèle les personnages habillés de clair. Les lignes du tableau sont très confuses, toutes cassées. Il n’y a pas d’équilibre ici. L’utilisation du clair/obscur nous révèle les corps d’anciens soldats démembrés qui jouent aux cartes assis autour d’une table à la terrasse d’un café.

Le premier personnage, celui de gauche est un homme sans âge, tellement sa peau est abîmée, et disproportionné : il a une jambe de bois et joue aux cartes avec le pied qui lui reste. Ce joueur , dont la manche droite est vide, sort de sa manche gauche une main articulée avec laquelle il pose ses cartes sur la table. De son oreille part un tuyau qui lui permet d’entendre la conversation. Le second personnage, au centre, joue aussi aux cartes. Il lui manque une partie de la peau de la tête : il a été scalpé. Il a deux moignons à la place des jambes qu’il a perdues à la guerre. Si on regarde son corps, on voit qu’il n’est fait que d’os, il n’a pas de peau. Ce personnage a un oeil de verre et n’a pas d’oreille. Le troisième personnage n’a pas de jambe , il est posé sur une sorte de socle en fer. Contrairement aux deux autres il a ses deux mains mais l’une des deux est articulée comme un robot et l'autre est aussi une prothèse. Sur son veston il porte la croix de fer, qui valorise son héroïsme au cours des combats.

Nous voici face à trois « caricatures » difformes , estropiées, affreuses, une humanité grotesque. Otto Dix dénonce les effets de la guerre et son absurdité. La violence qu’exprime ce tableau a fait scandale à l’époque. Il refuse la récupération dramatique et patriotique de la souffrance et physique et morale de ces « gueules cassées ».

Allerse renseigner sur d’autres « joueurs de cartes »de Cézanne, Fernand Léger… / recherches surl’expressionnisme et les autres œuvres d’Otto Dixqui complètent celle-ci :Rue de Prague,Le Marchand d’allumettes,La Barricade.